Zinedine Zidane plante les jalons d'une nouvelle philosophie qui fait du bien !
On ne peut pas encore dire que les résultats sont meilleurs (ce sera d'ailleurs compliqué), mais le plaisir du jeu est clairement revenu. On attend la suite.
On ne peut pas encore dire que les résultats sont meilleurs (ce sera d'ailleurs compliqué), mais le plaisir du jeu est clairement revenu. On attend la suite.
Tout n’a pas été parfait pour Zinédine Zidane et les Bleus à l’occasion du premier rassemblement de la Ligue des Nations. Mais des enseignements majeurs sont à tirer. Et les travaux de l’ancien numéro 10 tricolore sont encore nombreux. Car en coulisse, il y a bien des travaux à mener sur le long terme.
Il est arrivé et a pris les clefs du camion Équipe de France. Zinédine Zidane a plongé dans le grand bain de la sélection nationale. Avec des hauts et des bas car les chantiers sont nombreux pour le nouveau guide des Bleus. Il faudra alléger les doutes lors du prochain rassemblement en novembre. ZZ a, en tout cas, mis du changement dans la recette qui était celle de Deschamps. Fort logiquement, car la conception du jeu des deux hommes est radicalement différente.
Il y a des décisions fortes qui ont permis aux Bleus de fonder une nouvelle maison en matière de principes de jeu. Ce qui est certains, c’est que les joueurs techniques, audacieux et vigoureux sortent grandis du rassemblement. Reste à parfaire la copie., pour savoir qui restera dans le TGV des Bleus.
La philosophie Zidane : le jeu, le risque et le spectacle
Il y avait bien longtemps que la météo grisâtre des trêves internationales n’avait pas laissé place à une nuit étoilée brillante. Les Bleus ont redonné du peps à ces rassemblements du mois de septembre, pour le plus grand bonheur des amoureux du foot. Les audiences sont à l’image de la curiosité suscitée par l’arrivée de ZZ à la tête des Bleus. Quasiment 7 millions de téléspectateurs et c’est déjà un signe de nouvelle adhésion.
Pour Zidane, le goût du jeu était essentiel et le pilier de son retour sur un banc. Les Bleus ne nous ont pas ennuyé, même si la première mi-temps face aux Belges était verrouillée par un manque d’idées. Pour autant, les principes du champion du monde 98 ont le mérite de la clarté. « J’aime courir avec le ballon en tant que meneur de jeu, plutôt que sans. C’est toujours plus agréable », explique le Ballon d’Or 98. La philosophie s’est concrétisée sur le terrain avec un pressing très haut quitte à laisser du un pour un pour les centraux, dont la moindre faute de placement est fatale.
Sans oublier la volonté de s’imposer dans les duels avec une dynamique de mouvement. Ce n’est pas pour rien si les Bleus n’ont pris que deux buts en quatre matchs. Il y a une vraie assise défensive. Et encore, Saliba n’est pas revenu de sa blessure au dos.
Surtout, tous les joueurs sont des participants au jeu, à l’attaque, au pressing. Si les Bleus ont renversé les Belges, c’est avant tout par la prise d’initiative sans ballon, dans le positionnement et la coordination sur le terrain. Les zones de jeu sont quadrillées à trois, voir plus pour protéger la surface de réparation.
Quant aux phases offensives, le un contre un, le mouvement, le dépassement de fonction, sont les marques de fabrique de cette sélection. Le quatrième but d’Olise face à la Belgique en atteste. C’est le goût du risque et dans la passe puis le déplacement qui rend l’action magnifique. Les Bleus ont cru au changement de la patte Zidane et ils sont tout heureux de l’avoir avec eux.
Camavinga de retour, Doué, Olise, duo en puissance, Cherki à revoir
Zidane voulait de la technique et le message de la liste l’avait déjà montré. En voulant également jouer dans un milieu plus technique, et à risques, avec un équilibre à conserver sur certains temps de match. Voilà que le milieu était tout neuf ou presque. Le retour de Camavinga est salvateur. Le milieu madrilène a couru comme jamais, en assurant la couverture, comme lorsqu’il avait débarqué au Real Madrid en 2018 avec Zidane comme entraîneur.
Son retour au premier plan coïncide fortement avec la confiance que lui accorde son sélectionneur. Camavinga a saisi sa chance et a joué dans une position hybride qu’il a pu optimiser au maximum avec Da Cunha à ses côtés.
Devant lui, Cherki est monté en puissance au fur et à mesure du rassemblement. Bien que son jeu ne soit pas encore optimal pour le poste de milieu relayeur et d’organisateur du jeu. Car ce que lui demande Zidane est d’un tout autre calibre qu’à Manchester City, il faudra de la patience pour l’ancien lyonnais. Afin, d’harmoniser son accordéon technique et sa science du jeu avec les partenaires à ses côtés.
Doué et Olise ont marqué de nombreux points sur la trêve internationale. Les deux hommes ont brillé par leur activité et leur prise d’initiative logiquement récompensé. La France possède désormais deux piments très piquent pour les défenses adverses. Entre la vivacité, l’intelligence de jeu et la volonté de marquer et d’y arriver, ce sont bien des hommes en confiance qui devront guider les Bleus d’ici l’Euro.
Da Cunha quel régale !
Il est sans doute l’homme qui a bondi dans le baromètre de la popularité du football de sélection. Da Cunha a été étincelant pour sa première chez les Bleus. Le gaucher était la surprise de la liste de Zidane et il le lui a bien rendu. Mis à part une petite erreur contre l’Italie, le nouveau numéro 6 des Bleus a rayonné par son activité. Sa qualité de passe, sa présence sur les phases offensives, sont poussé le bloc à jouer plus haut.
Précieux dans l’orientation du jeu, il a mis toutes ses qualités au service d’une équipe qui respire la fraicheur. Le vrai numéro 6 moderne était bien celui auquel Zidane pensait. À savoir, orienter, faire jouer, être présent dans l’équilibre du jeu et savoir distribuer les ballons. De gauche à droite, Da Cunha restera comme un joueur marquant de ce rassemblement. Il permet d’office à Koné, Rabiot et Camavinga de jouer un peu plus haut et de garantir une autre couverture de terrain tout en étant acteur sur les phases offensives. Le costume lui va sur-mesure.
Un chantier majeur : les latéraux
Reste un chantier majeur pour Zidane, le vivier de talents. En misant également sur une ressource inattendue, les espoirs. Il a ouvert la porte à ceux qui veulent passer de la réserve à l’équipe la plus chevronnée du football français. En toute logique, la convocation de Yoro n’avait rien de facile. Et pourtant, le tout jeune défenseur français a été très à l’aise face à la Belgique. Symbole que le sélectionneur peut regarder derrière lui. Un contraste saisissant avec ce que pouvait faire Deschamps. Surtout, Zidane a lié les paroles aux actes. Il avait prévenu les espoirs que la porte était ouverte. Elle a bien été ouverte et il ne s’interdit pas de laisser l’opportunité aux joueurs de la catégorie, de prendre l’escalier vers le haut.
Mais, le vrai point noir reste les latéraux. La France manque de ressources sur les deux côtés de la défense. A tel point que Baticle et Diomède vont devoir se pencher sur le dossier tout comme la DTN. Zidane veut avoir des retours d’ici quelques semaines pour savoir où les Bleus peuvent avoir des joueurs déterminants au poste. Au-delà des latéraux, le sélectionneur de l’Équipe de France devra affiner sa philosophie de jeu et gommer les quelques ratures logiques de ce premier rassemblement post Coupe du Monde 2026.
Louis Oeuvrard