RETRO : aux origines de "la Panenka", née en 1976
Dans cette rubrique, nous reviendrons régulièrement sur les origines des gestes historiques du footballeur. Pour commencer, la fameuse "Panenka".
Dans cette rubrique, nous reviendrons régulièrement sur les origines des gestes historiques du footballeur. En 2026, celui qui a fait le plus parler est incontestablement la "Panenka" complètement ratée par Brahim Diaz en finale de la CAN.
Jamais dans l’histoire récente du football, on aura autant parlé d’une Panenka. Ce geste risqué tenté, et manqué, par Ibrahim Diaz en finale de la CAN face au Sénégal, et qui a plongé le Maroc entre tristesse et colère. Mais savez-vous vraiment d’où vient cette expression, « faire une Panenka » ? Son origine, son sens historique ? 433Foot vous explique tout.
Pour trouver son origine de la fameuse « Panenka », il faut retourner plus de 50 ans en arrière, sur les terrains d’entraînements du mythique club des Bohemians de Prague (dissout en 2016).
Un penalty "romantique" mais risqué
Ce penalty que l’on peut qualifier de « romantique » est né d’un jeu entre Antonin Panenka, attaquant du club phare de Tchécoslovaquie, et son grand copain, le gardien de but du même club, Zdenek Hruska. A chaque fin d’entraînement, les deux joueurs, très amis dans la vie, ont l’habitude de se défier dans des faces à faces endiablés avec pour enjeu, une bière ou une tablette de chocolat. Panenka à la frappe, Hruska pour l’arrêt. Pour remporter ses duels face à un gardien qui le connaît par cœur, le buteur tchèque est obligé de réinventer à chaque fois ses frappes, multipliant les feintes, toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Un jour, le buteur des Bohémians trouve une idée de génie, répondant au principe même du penalty : retarder le moment de frapper, pour laisser le gardien se coucher d’un côté ou de l’autre, puis de soulever le ballon délicatement et le placer plein centre hors de portée de ce dernier… déjà au sol. Tout se fait très lentement mais sûrement. Si le geste est bien réussi, la technique est imparable. Elle est aussi très risquée. Le moindre grain de sable qui vient perturber la technique peut tout faire rater.
Pour commencer, le moustachu à l’allure taciturne se contente de tester la technique lors des matchs amicaux, jusqu’au jour où il l’utilise dans un match officiel. Mais dans les années 70, la Tchécoslovaquie est un pays très fermé et le secret reste bien gardé.
Le 20 juin 1976, Antonin Panenka humilie le meilleur gardien du monde
Tout va basculer le 20 juin 1976 au stade Crvena Zvezda de Belgrade. A l’époque, la phase finale du championnat d’Europe se joue à quatre équipes. La Tchécoslovaquie, qui a battu les Pays-Bas en prolongation (3-1) affronte l’Allemagne, vainqueur de la Yougoslavie (4-2 ap).
Alors que la prolongation se termine sur le score de 2-2, les deux équipes se départagent aux tirs au but. Les Tchèques mènent 4-3 dans la séance fatidique (après le raté d’Hoeness) quand Panenka se présente devant Sepp Maïer, réputé pour être le meilleur gardien du monde, pour valider la victoire de son équipe.
Les 30 000 spectateurs du stade Crvena Zvezda de Belgrade retiennent leur souffle et n’en reviennent pas de voir la magie du geste exécuté par Panenka. Quand le ballon retombe lentement dans le but, sous le regard du géant allemand impuissant, le buteur tchèque est entré pour toujours dans la légende.
Dans sa carrière, Antonin Panenka va tirer de nombreux penalty et ne va pas tous les réussir. Mais le buteur tchèque (77 ans aujourd’hui) continue de se vanter de ne jamais avoir manqué une « Panenka » dans toute sa carrière.