Régis Brouard (FC Rouen 1899) : « La gestion des émotions peut faire la différence »

Au coude à coude avec Dijon et Sochaux pour monter en Ligue 2, le FC Rouen 1899 doit se méfier du piège tendu par le Paris 13 Atltetico, à Charléty (vendredi, 19h30).

Régis Brouard (FC Rouen 1899) : « La gestion des émotions peut faire la différence »
Le FC Rouen 1899 peut compter sur l'expérience et la sérénité de Régis Brouard dans le sprint final (photo : Supporterhéninois - CC BY 3.0)

Au coude à coude avec Dijon et Sochaux pour monter en Ligue 2, le FC Rouen 1899 doit se méfier du piège tendu par le Paris 13 Atltetico, à Charléty (vendredi, 19h30). En quête de points pour son maintien, l’équipe parisienne ne va pas se laisser faire. 

Deuxième de National, le FC Rouen 1899 réussit à se maintenir dans le top 3 du classement, avec Dijon et Sochaux, à 8 journées de la fin. De quoi nourrir de sérieuses ambitions, avec un vrai espoir de retrouver la Ligue 2, 22 ans après. Après avoir fait briller l’US Quevilly (1/2 finaliste et finaliste de la Coupe de France en 2010 et 2012, après avoir fait monter le club en National), Régis Brouard continue de vivre son histoire d’amour avec le football normand. 

Alors que le match de la 26ème journée contre le Paris 13 Atletico se jouera à Charléty, le stade qui accueillera les Parisiens en Ligue 3 la saison prochaine, en cas de maintien, le technicien de 59 ans, né en région parisienne et ancien coach du Red Star, évoque ce rendez-vous et la fin de saison de son équipe. Le Paris 13 Atletico, ses principaux concurrents pour la montée, l’avenir du stade Robert-Diochon, tout y passe… 

Ne redoutez-vous pas que ce déplacement à Charléty pour affronter le Paris 13 Atletico, soit un match piège ?

Vous savez, quand vous vous retrouvez dans notre situation, à 8 matchs de la fin de la saison, tous les matchs peuvent être des pièges. Que ce soit des équipes de haut de tableau ou de bas de tableau, c’est la même chose. C’est vrai que l’on sait très bien que toutes les équipes qui jouent les leaders du moment, ont une motivation plus importante.

« Paris 13 Atletico, une belle équipe qui travaille bien » 

Quel image avez-vous du Paris 13 Atletico ?

C’est une très belle équipe, qui évolue dans un contexte assez particulier en général, sur un synthétique, mais qui cette fois va jouer à Charléty sur un terrain plus grand. Ça va peut-être un peu changer la donne, mais c’est une équipe qui a beaucoup de densité athlétique, beaucoup d’engagement dans ce qu’elle fait. Quand on regarde ses résultats, quand elle perd, elle perd de très peu, à l’image de son match de la semaine dernière à Orléans (ndlr : défaite 1-2 après avoir mené 1-0). On s’attend à un match très compliqué. 

Vous êtes étonné de voir le match se dérouler à Charléty ?

Pour eux c’est un peu nouveau, même s’ils connaissent très bien ce stade. Ils sont dans une logique structurelle, pour l’avenir. Le message, c’est qu’ils préparent l’avenir et la saison prochaine en Ligue 3. C’est un club avec peu de moyens, mais qui travaille bien et cherche à se structurer. Ils sont en train de passer une autre étape. Je me doute que ce match est important pour eux. A commencer au niveau du résultat. Pour tout ça, on sait que ça va être difficile et on se prépare à ça. 

« Ça va se jouer peut-être lors de la dernière journée, peut-être même à la différence de buts… »

Le championnat  de National reste un championnat très compliqué… Votre principal adversaire pour la montée ?

Sochaux et Dijon font partie des équipes dangereuses. Déjà, en raison de leur budget. Elles ont un budget beaucoup plus important que le notre (ndlr : 8 M€ pour Sochaux, 10 M€ pour Dijon, contre 5,5 M€ pour Rouen, et 2,2 M€ pour le Paris 13 Atletico). Il ya aussi la structure des clubs, les centres d’entraînements… Il ne faut pas oublier Versailles et Orléans, qui ne sont pas très loin derrière. Ça va se jouer à 3/4 équipes, certaines vont se rencontrer. Il y a un Sochaux - Dijon à venir par exemple.  Ça va se jouer peut-être lors de la dernière journée, peut-être même à la différence de buts… On voit d’ailleurs que chaque week-end, en fonction des résultats, le classement évolue. Même si les principaux concurrents restent Sochaux et Dijon. 

Dans un tel final, votre expérience peut-elle faire la différence ? Le fait de rester calme…

Oui… Mais vous savez que le FC Rouen, c’est loin d’être un club très calme. On essaye de tempérer, d’avoir du calme et de la sérénité, mais vous savez que les propriétaires du club veulent monter, donc il y a quand même une certaine pression, une tension autour de l’équipe tous les week-end. Oui l’expérience peut nous servir et va peut-être nous servir. Mais quand ça se joue à si peu de choses… Même en essayant d’amener du calme et de la sérénité, il y a de la nervosité qui se crée. La moindre erreur peut avoir des conséquences incroyables, pour les uns ou pour les autres. Notamment en perte de confiance, collective ou individuelle. Même l’expérience ou l’âge vous savez… Parfois on est un peu dépassé aussi. 

« J’aime bien Robert-Diochon, un stade qui a une histoire » 

Tout à l’heure on parlait d’infrastructures, du côté de Rouen, c’est un peu vétuste, surtout en cas de montée, non ?

Pour rencontrer régulièrement le maire, il est bien conscient, que ce soit pour la ville ou la métropole, que des aménagements seront nécessaires. Aujourd’hui, la tendance est d’ailleurs plus à un aménagement de Robert-Diochon, qu’à un nouveau stade. C’est un stade qui a une histoire, qui est bien implantée, en centre-ville. Si on monte, il y aura forcément des choses qui vont changer. Il faut savoir qu’on est un club populaire, on joue devant 5 à 7000 personnes tous les quinze jours. En Ligue 2, il y aura encore un peu plus de spectateurs. Moi, personnellement, j’aime bien ce stade. 

On est dans le sprint final, ça va se jouer à quoi selon-vous ? Jean-Marc Furlan, un des grands spécialistes de la montée, disait : « l’équipe qui est décisive en fin de saison, c’est rarement celle qui l’a commencé », c’est aussi votre avis ?

Jean-Marc dit cela et il a raison, mais faut-il encore en avoir les moyens. Quand tu diriges des effectifs de Ligue 2, c’est possible. Mais à notre niveau, avec nos moyens, on a un groupe restreint. A Rouen, il y a quand même des manques et du retard. Il y a de la disparité au sein de l’effectif. A notre niveau, entre l’équipe qui a débuté la saison et les ajustements qu’on a pu faire, à un ou deux éléments près, ce sera la même équipe. C’est le championnat qui veut ça, mais surtout, la structure du club, les moyens du club, qui font qu’on ne peut pas changer 5 ou 6 joueurs entre la première et la deuxième partie de la saison. On a traversé cette situation, en janvier/février, avec des blessés. Il a fallu faire le dos rond, avec des joueurs moins performants. Dans d’autres clubs, entre les remplaçants et les titulaires, il n’y a parfois pas grand chose. 

Le sprint final va se jouer sur ça aussi : ne pas avoir de joueurs importants blessés pour rester compétitifs ?

Ça va se jouer sur la fraicheur. La fraicheur mentale, mais aussi physique. On va récupérer des joueurs qui étaient blessés sur la période janvier/février, ils doivent nous amener cette fraicheur. Ils doivent pousser les autres. Après, il y a la gestion des émotions, la gestion des matchs. L’approche des matchs est différente à cette période, il va falloir bien la maitriser.