Real Madrid - Bayern Munich, le sens de l'équilibre...
REAL MADRID - BAYERN (21H) - Des joueurs comme Mbappé (Real Madrid) ou Greenwood (OM) rendent-ils leur équipe moins forte ? Se poser la question, c'est faire du mal au football.
Les artistes ont-ils encore leur place dans le football ? De plus en plus, à force de privilégier le collectif au détriment des individualités, ne sommes nous pas en train de tuer les solistes, dont le talent offensif fait de l’ombre au rendement défensif ? Reverra-t-on un jour un Lionel Messi régner pendant 10 ans sur le football mondial, dont près de la moitié du temps en marchand, comme s’il se préservait pour inventer des gestes plus dingues les uns que les autres ?
Supprimer les individualités, c'est tuer le foot
Comme dirait Kylian Mbappé, « le football il a changé ». A tel point qu’aujourd’hui, certains en sont à se demander si le Real n’aurait pas plus de chances de battre le Bayern sans le capitaine de l’Equipe de France. Dans une émission de grande écoute à la radio, un journaliste a osé dire que l’OM était « meilleur collectivement sans Mason Greenwood ».
Rien que le fait de trouver opportun de faire une telle réflexion est inquiétant pour le football. Une équipe de football est meilleure ou moins bonne. Elle n’est pas meilleur collectivement « mais manque d’individualités », pas plus qu’elle est « plus dangereuse avec lui »… Il faut appeler "un chat", "un chat" !
Pendant longtemps cette notion de « collectif » ou « d’équilibre » a été une des grandes valeurs du football italien. A tel point que les formateurs italien ont oublié de fabriquer des joueurs de talent. Aujourd’hui, l’Italie en paye le prix fort.
Le Barça de Messi, le Real de Benzema, le PSG de Dembélé, le Bayern d'Olise...
Si la notion d’équilibre reste vitale, le mot peut avoir plusieurs définitions. Le bon équilibre, celui qui fait gagner, est celui qu’on obtient entre les talents individuels, la solidité collective et le sens tactique. C’est pour cela que le rôle des entraîneurs est primordial. Quand ces trois tendances atteignent leur paroxysme, on obtient le Barça 2014/2015, le Réal 2021/2022 ou le PSG 2024/2025, et peut-être le Bayern 2025/2026.
Dans ces équipes (liste non exhaustive), on retrouve des talents hors normes (Messi, Neymar, Benzema, Modric, Vinicius, Dembélé, Vitinha, Olise, Kane, Neuer…) entourés par d’énormes joueurs (Rakitic, Suarez, Sergi Roberto, Piqué, Casemiro, Carvajal, Valverde, Courtois, Neves, Pacho, Kvaraskhelia, Ruiz, Hakimi, Kimmich, Goretzka, Gnabry…).
Pour briller et emmener leur équipe vers les sommets, des joueurs comme Lamine Yamal, Ousmane Dembélé, Kylian Mbappé, Raphinah ou Michael Olise ont besoin d’un collectif fort. Ce sera le cas également dans les prochaines années pour des Rayan Cherki, Jamal Musiala et autres Estevao. Des joueurs qui enrichissent les groupes forts, même s'ils peuvent appauvrir des groupes faibles.