Pour ou contre : 4 évolutions fortes de l'arbitrage pour le Mondial 2026 passées au crible

Ce n'est pas un changement de règlement, mais des règles imposées aux arbitres pour fluidifier le jeu et un renforcement du pouvoir de la VAR. Pas sûr qu'elles soient toutes efficaces. Nous les avons analysées.

Pour ou contre : 4 évolutions fortes de l'arbitrage pour le Mondial 2026 passées au crible
Les arbitres ne vont plus lâcher leur chronomètres... Photo : BrokenSphere - CC BY 3.0

Ce n'est pas un changement de règlement, mais des règles imposées aux arbitres pour fluidifier le jeu et un renforcement du pouvoir de la VAR. Pas sûr qu'elles soient toutes efficaces. Nous les avons analysées.

Décidément, la Coupe du Monde 2026 ne ressemblera à aucune autre. Non seulement, la compétition planétaire va accueillir pour la première fois 48 équipes, mais en plus, elle va marquer une avancée significative au niveau de l’arbitrage. Et plus précisément, sur la façon d’interpréter le règlement. Pas de grande révolution à proprement parler, mais des consignes nouvelles pour les arbitres, et une utilisation de la VAR élargie. 

1er aménagement : un remplaçant aura 10 secondes maximum pour quitter le terrain

Où qu’il se trouve sur le terrain quand le panneau lumineux affiche son nom pour lui signifier qu’il est remplacé, un joueur a 10 secondes pour quitter le terrain (peu importe où). Si le joueur prend plus de temps, son remplaçant devra attendre au minimum une minute et le prochain arrêt de jeu, pour entrer sur le terrain. 

Notre avis : après la règle donnant un corner pour l’équipe adverse dans le cas où un gardien de but dépasse les 6 secondes pour dégager, les arbitres devront avoir un chrono dans la tête pour juger. Cet aménagement peut permettre d’éviter les pertes de temps, mais sera aussi source de polémiques arbitrales supplémentaires. D’ailleurs, la règle des 6 secondes n’est pas beaucoup plus appliquée qu’avant. 

2ème aménagement : un joueur soigné sur le terrain devra attendre avant de renter

Aujourd’hui, la règle impose qu’un joueur ayant subi un soin sur le terrain, par un membre de son staff médical, doit sortir. Souvent, on voit les joueurs se presser pour revenir sur le terrain. Cette fois, ce sera différent. Le joueur soigné devra passer au minimum une minute dehors, avant de retrouver ses partenaires. Excepté pour les blessures graves, les chocs à la tête et les fautes subies sanctionnées par l’arbitre). 

Notre avis : il s’agit d’éviter que les joueurs ne gagnent du temps volontairement, en simulant des blessures.  Au delà de l’aspect « chronomètre », l’arbitre va donc devenir médecin pour juger si une faute est « grave » ou non. Certaines blessures mineures peuvent nécessiter un soin (bombe de froid, massage rapide), notamment après un coup reçu, non sanctionné d’un jaune. Dans ce cas-là, l’équipe auteur de la faute sera la grande gagnante. 

3ème aménagement : un temps imparti pour faire une touche ou tirer un coup franc 

Si l’arbitre estime qu’une touche ou un coup de pied de but met trop de temps à être joué, il pourra lancer un compte à rebours de 5 secondes. Si le ballon n’est pas remis en jeu à temps, deux sanctions sont adaptées : touche donnée à l’adversaire quand le coup franc en la faveur d’une équipe se transforme en corner pour l’autre équipe.

Notre avis : c’est sans doute le point qui va créer le plus de polémiques. L’intention est louable, mais dans la pratique, cela semble très difficile à appliquer sans déclencher la colère des joueurs, des entraineurs, et surtout, des supporters. 

4ème aménagement : la VAR voit plus large

La VAR voit son application élargie. Désormais, elle peut intervenir en cas de deuxième carton jaune, jugée comme une erreur manifeste et entraînant un rouge. Exemple : le cas de Coulibaly (Monaco) contre le PSG.  La VAR pourra aussi revenir sur un corner accordé/refusé à tort, mais à condition qu’il y ait une erreur claire et manifeste.

Notre avis : ceux qui sont contre la VAR vont avoir deux fois plus de raisons d’être en colère. Comment décider devant un écran, par exemple, que le Monégasque Coulibaly ne méritait peut-être pas un deuxième jaune ? En faisant cela, on enlève encore un peu plus d’humanité à l’arbitrage. Il y a la faute, elle peut mériter d’être sanctionnée, mais selon le moment (après un premier jaune, alors qu’il reste beaucoup de temps à jouer…), ou l’état d’esprit du joueur, comme de l’équipe, la situation peut être vécue complètement différemment.