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Omar Artan, l'histoire d'un arbitre pas comme les autres

Premier arbitre non-européen à arbitrer la Supercoupe d'Europe, le Somalien a grandi dans le Chao d'un pays en souffrance.

Omar Artan, l'histoire d'un arbitre pas comme les autres
Photo : Fédération Guinéenne Football - CC BY 3.0

Premier arbitre non-européen à arbitrer la Supercoupe d'Europe, le Somalien a grandi dans le Chao d'un pays en souffrance.

Figure emblématique de l’ingérence des Etats-Unis dans la Coupe du Monde 2026, l’arbitre somalien Omar Artan va devenir, mercredi soir, le premier arbitre non européen à arbitrer une Supercoupe d’Europe. « Comme vous pouvez l’imaginer, j’ai grandi dans des conditions difficiles, mais cela ne m’a pas empêché de poursuivre mes rêves » explique l’homme de 34 ans, qui a perdu son père très tôt et a grandi sans sa mère, sur le site officiel de l’UEFA. « J’ai travaillé très dur pour en arriver là et j’en suis vraiment fier ».

Le stade de Mogadiscio est devenue une bas militaire

Omar Artan est né en juin 1992 à Mogadiscio, capitale de la Somalie, une des villes les plus fascinantes de l’Océan Indien, secouée au début des années 90 par l’invasion des rebelles qui renversèrent le président en place, provoquant l’intervention des Nations Unies, avec des combats meurtriers. C’est dans ce chao politique et militaire, qu’Omar Abdulkadir Artan (son nom complet) grandit. Symbole du climat terrible qui règne dans le pays, le stade de Mogadiscio construit en 1956, disposant de 35 000 places et où se jouaient notamment des matchs de football, sert de base militaire et change régulièrement d’occupant…

A l’âge de 26 ans, Omar Artan officie en Premier League, le championnat somalien de football, avant d’être nommé, en 2025, meilleur arbitre africain, puis de rejoindre la Saudi Pro League, en 2026. Le 1er juin 2025, il est le premier arbitre somalien à prendre en charge une finale continentale, entre les Egyptiens du Pyramids FC et les sud africains du Mamelodi Sundowns.

Le 11 juin, l’administration Trump justifiait ainsi le refus de le laisser entrer aux Etats-Unis. «Je ne peux pas entrer dans les détails mais ce que je peux vous dire, c’est que c’était pour une très bonne raison», expliquait, Andrew Giuliani, le patron de l’équipe de la Maison Blanche chargée de l’organisation de la Coupe du monde, faisant état de discussions avec le ministre de la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin.

Sa présence n'est pas due à l'incident de la Coupe du Monde

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la présence d’un arbitre africain au centre du terrain pour la Supercoupe d’Europe n’est pas due à cet incident. Elle s'inscrit dans le cadre du protocole d'accord signé fin avril entre l'Union européenne de football (UEFA) et la Confédération africaine de football (CAF), qui vise à renforcer la coopération entre les deux organisations dans plusieurs domaines, dont l’arbitrage.

En revanche, après l’interdiction de pénétrer sur le territoire américain, sa désignation a paru logique. « Je suis honoré d'avoir été choisi pour arbitrer ce grand match. Il existe une importante communauté somalienne en Europe et en Autriche, et ses membres sont très enthousiastes à l'idée de me voir arbitrer un match comme celui-ci, » a réagi le Somalien. une chose est sûre : tout le monde a envie que ça se passe bien.