Moussa Nianghane (pdt Garges Djibson) : « Le niveau du futsal en Île-de-France est très relevé »

Président de l'un des plus gros clubs d'Ile-de-France, mais aussi commissaire à la Ligue de Paris, Moussa Nianghane sait de quoi il parle.

Moussa Nianghane (pdt Garges Djibson) : « Le niveau du futsal en Île-de-France est très relevé »
L'équipe première de Garges Djibson jouera la montée sur un match, samedi 2 mai à Hérouville (photo : Thomas.bst95)

Si les clubs de haut niveau (D1 ou D2) sont un peu moins présents qu’il y a quelques années, l’Ile de France est toujours très bien représenté dans l’élite du futsal en France.  Trois fois finaliste de la Coupe de France (2015, 2016 et 2019), champion de France 2017, l’ASC Garges Djibson futsal évolue en Division 2 depuis 5 ans mais fait tout pour retrouver les sommets. En tête de son groupe, le club du Val-d’Oise jouera la montée chez le co-leader (Hérouville, dans le Calvados), samedi 2 mai.  Avant cette échéance capitale, Moussa Nianghane, son président, répond à nos questions.

Donc, la saison de Garges va se jouer sur un match, samedi 2 mai…

Voilà… Il y a deux groupes en D2 et seulement le premier de chaque groupe monte. On est à égalité avec Hérouville, avec une moins bonne différence de buts. Tout se jouera donc lors de la dernière journée.

Il faudra gagner pour monter…

On va essayer. Après il y aura le passage devant la DNCG.

La DNCG de la FFF, réputée pour être très dure, vous êtes confiant ?

Elle est plus dure que celle de la Ligue, oui. Mais si on devait monter, on sera confiants. Lors de notre dernier passage, tout s’est bien passé. 

« Développer la double pratique »

Le budget d’un club de Futsal de haut niveau, c’est combien ?

Je ne connais pas tous les budgets, mais le notre, il est entre 200 000 et 250 000 euros. Après, en D1, c’est nettement au dessus, ça passe les 300 000 euros. 

Estimez-vous que l’Ile-de-France est bien représentée parmi l’élite?

Je vais répondre avec mon autre casquette, puisque je suis aussi commissaire à la Ligue de Paris. Fut un temps où les meilleurs clubs étaient en Île-de-France, aujourd’hui, c’est plus équilibré. Mais on trouve encore 4 clubs en D2 et 2 en D1, on est plutôt bien représenté (ndlr : dans le groupe B, Artistes Futsal, club de Villepinte, est sur point de monter en D1). Avec le temps, les bons clubs sont un peu partout. Par-contre, au niveau régional, le niveau est très relevé. 

Vos licenciés font une grande différence entre le futsal et le football traditionnel ?

Ce sont deux sports qui dépendent de la même fédération. Ils sont différents mais en même temps, complémentaires. On plaide beaucoup pour la « double pratique », à l’image de Wissam Ben Yedder. Chez nos jeunes, on aime bien pratiquer les deux. Tout le monde n’est pas capable de le faire, mais beaucoup de jeunes chez nous sont en double pratique. Le problème au paravant, c’est qu’on n’était pas trop aligné sur les compétitions, que ce soit au niveau départemental ou régional. On avait des gamins qui avaient la double licence, mais qui, sur un week-end, devaient choisir. Dans le Val-d’Oise aujourd’hui, on essaye de faire en sorte de réserver le dimanche au futsal, pour que le samedi, ils puissent jouer sur l’herbe. 

« On a dû refuser 55 personnes »

Au sein de votre club,  vous accueillez les deux pratiques ?

Non. Nous, on est futsal à 100%. Mais on n’empêche pas un joueur d’avoir deux licences, en particulier dans les clubs voisins, qu’on connait bien. La Fédération autorise les doubles licences (ndlr : dans deux clubs différents) au niveau régional. Pas en D1, mais aussi en D2, où on a le droit à deux « doubles-licences » sur la feuille de match. 

C’est quoi la principale difficulté que vous rencontrez pour avoir une équipe compétitive ?

C’est compliqué de réunir un budget que pour un club de football classique. Il faut donner de la visibilité aux partenaires, notamment sur les réseaux sociaux, sur les maillots, autour du terrain… Nous, on a la chance d’avoir un gymnase relativement complet à chaque match. Ça reste compliqué car le partenariat privé reste faible. Il y a les licences, puis les subventions, départementales, régionales et municipales… On est toujours en train de remplir des dossiers (sourire). En D2, l’entrée est gratuite. On faisait payer quand on était en D1, mais là, c’est encore une source de revenus en moins. 

Au niveau des infrastructures ?

C’est l’autre problématique. Cette saison, nous avons dû refuser 55 licenciés, faute de créneaux pour les accueillir. On ne peut pas pousser les murs. Avec plus de gymnases, plus de créneaux, on pourrait faire beaucoup plus. On  a 230 licenciés, on démarre à partir de 4 ans, avec toutes les catégories. Le plus âgé, il doit avoir 42 ans…

Les grandes différences entre les deux pratiques, futsal et football classique ?

Le toucher de ballon est différent. Mais la grande différence, c’est qu’il n’y a pas vraiment de poste fixe. En attaque comme en défense, tout le monde participe. C’est très intense. On joue sur des moments très courts, très rapides et très intenses. C’est pour ça qu’on a le droit à des remplacements fréquents. 

D1 ou D2, financièrement ça change tout ?

A travers ce qu’on appelle la « licence club », oui. Il faut remplir certains critères (ndlr : le principe existe aussi dans le football professionnel) pour recevoir des aides. Bien sûr, elle est nettement plus importante en D1 qu’en D2. Après, il y a une aide sur les frais kilométriques. Mais c’est particulier, parce que seul un trajet est pris en compte. On revient jamais avec eux (sourire)… Après, il y a aussi une meilleure visibilité. Ils ont donné les droits à un diffuseur*, qui retransmet les matchs sur le site de la fédé. C’est positif pour les partenaires. 

*Depuis 2021, les matches du championnat de France de Division 1 Futsal sont diffusés en intégralité sur une chaîne digitale dédiée baptisée Futsal Zone. Futsal Zone est accessible par abonnement de 39,99 € par an ou 3,99 € par mois pour les fans et de 19,99 € par an pour les licencié(e)s FFF).

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