Mohamed Coulibaly (directeur sportif) nous révèle les secrets de la réussite de l’AAS Sarcelles avec les jeunes
Mohamed Coulibaly, le directeur sportif, nous explique ce qui se cache derrière la réussite de l'AAS Sarcelles avec les jeunes.
Avec environ 1500 licenciés, l’AAS Sarcelles est un des plus grands clubs d’Île-de-France. C’est aussi l’un des meilleurs clubs formateurs de la région. A tel point que le club allemand d’Hoffenheim a signé un partenariat précieux avec les Val-d’Oisiens. Mohamed Coulibaly, le directeur sportif, nous explique ce qui se cache derrière cette réussite.
Pour commencer, parlez-nous de la philosophie d’un club comme l’AAS Sarcelles, reconnu pour la qualité de sa formation ?
Notre objectif, c’est que, lorsqu’un enfant entre en U6, il reste le plus longtemps possible dans le club. D’ailleurs, dans notre équipe sénior, on a pas mal de joueurs qui ont commencé chez nous. Après bien sûr, il y a des joueurs à fort potentiel qui habitent dans les villes aux alentours, qui nous sollicitent. On ne les intègre que s’ils apportent une plus value dans la catégorie. Mais notre objectif prioritaire est de garder un maximum de joueurs issus de la formation du club. Notre responsabilité est de les faire progresser et qu’ils puissent répondre à l’exigence du football en Île-de-France.
« L’investissement, l’engagement des éducateurs, qui sont qualifiés »
En fait, le club ne pratique pas de « scouting »…
Disons qu’avant d’aller voir à l’extérieur, on s’occupe surtout de développer les jeunes qui sont chez nous. C’est la priorité.
Que deviennent ceux qui sont arrivés très très jeunes et qui n’ont pas le niveau ? Vous les poussez dehors ?
Non, absolument pas ! A partir du moment où on a beaucoup de joueurs, s’ils ne sont pas dans la première équipe, ils jouent dans la deuxième ou la troisième équipe… Riyad Marhez par exemple, jusqu’à 13 ans, 14 ans, il était dans la troisième équipe du club, avant de devenir l’un des meilleurs joueurs du monde. Il y a des joueurs qui sont longtemps dans les deuxième ou troisième équipes et qui, à 16/17 ans, s’engagent dans un centre de formation. Chacun son rythme.
L’atout du club, c’est la qualité des éducateurs ?
Il y a bien sûr l’investissement, l’engagement des éducateurs, qui sont qualifiés. C’est un point fondamental si vous voulez bien travailler.
« Riyad Mahrez jouait dans les équipes 2 ou 3 jusqu’à 13, 14 ans »
Ça doit couter cher au club, c’est un investissement…
Bien sûr. C’est tout l’éco-système du football qui coute cher et suscite pas mal de débats. Après, à chacun de choisir sur quoi il faut mettre de l’argent. On a la chance aussi d’avoir des éducateurs qui ne font pas ça que pour l’argent…
Quand on parle de l’AAS Sarcelles, on pense à Riyad Mahrez, ça reste la plus grande fierté du club ?
Oui. C’est un joueur qui a fait quasiment exclusivement sa formation chez nous, d’où il est parti à 18 ans. Il a gagné la Ligue des Champions, la CAN… Il a été bien classé au Ballon d’Or… C’est un exemple. Il a eu une belle progression.
Depuis 4 ans, le club a un partenariat avec le club allemand d’Hoffenheim, en quoi cela consiste-t-il ?
Ce sont essentiellement des échanges techniques. Il y a un éducateur d’Hoffenheim qui vient régulièrement voir des séances, qui participe aux séances. On a la chance de pouvoir envoyer des éducateurs en stage en Allemagne. On organise des matchs entre nos équipes de jeunes, on a la chance de pouvoir bénéficier de leurs installations pour faire des tests physiques et techniques pour nos joueurs à fort potentiel. Ce partenariat, c’est celui d’un club professionnel avec un club amateur qu’il veut aider à grandir.
« Le partenariat avec Hoffenheim nous permet d’optimiser notre manière de bien travailler »
Il y a aussi une aide financière ?
Une aide qui nous permet de bien fonctionner, qui nous permet d’optimiser notre manière de bien travailler.
Cette saison, certaines équipes du club sont un peu en difficultés, cela ne vous inquiète pas ?
On ne peut pas toujours être au sommet. On est aussi dépendant des générations. Regardez les U15 qui ont brillé la saison dernière, dans trois mois, 15 joueurs vont quitter le club.
Pour aller où ?
Ils vont tous rejoindre des clubs professionnels.
Finalement, c’est peut-être ça la plus belle victoire ?
Disons que ça fait toujours plaisir…