Ils ne veulent pas voir les Girondins de Bordeaux sauvés par le CNOSF
10 présidents de clubs de National 1, du groupe B, dénoncent les manoeuvres de la FFF et ne veulent pas voir le CNOSF sauver les Girondins de Bordeaux.
10 présidents de clubs de National 1, du groupe B, dénoncent les manoeuvres de la FFF et ne veulent pas voir le CNOSF sauver les Girondins de Bordeaux.
Alors que la commission du Comité National Olympique et Sportif Français se tiendra ce mercredi 14h, pour statuer sur l’exclusion des Girondins de Bordeaux, de toutes compétitions nationales (ce qui entraînera la mort du club), 10 présidents de clubs du groupe B de National 1 (dans lequel Bordeaux pourrait être reversé), s’opposent fermement à une issue favorable. « Les 16 clubs qui devaient composer régulièrement une poule de National 1 vont se retrouver à 17, avec tous les déséquilibres que cela implique », dénoncent les signataires de la pétition. « Comme tous les ans, leur calendrier va être totalement bouleversé quelques jours avant le début de la saison. Et peut-être que, comme tous les ans, l’une des équipes engagées aura l’autorisation de démarrer la saison plus tardivement que les autres, en totale rupture avec la notion d’équité ».
Ces dix clubs de National 1 ne comprennent pas comment un avis du CNOSF pourrait prévaloir à celui de la DNCG. « La FFF devrait donner du crédit aux travaux de sa DNCG », peut-on lire dans le communiqué. Les clubs en question accusent la FFF de vouloir « sauver des monuments aux mains d’acrobates de la finance, au détriment de clubs moins monumentaux qui se contentent de faire sérieusement leur travail et de respecter les règles de la FFF supervisées par la DNCG ».
Les présidents signataires du communiqué
Guillaume ALLANOU, Président du Stade Briochin
Benjamin BAHU, Président de l’US Granville
Jean-Yves COUGNAUD, Président du Vendée Poiré Football
Santiago CUCCI, Président de l’Aviron Bayonnais FC
Laurent DARTOIS, Président du Dinan Léhon Football Club
Yves FANTOU, Président de l’US Saint Malo
Hervé LAUDIC, Président de la Saint Colomban Locminé
Stéphane MONTANIER, Président du Saumur Olympique FC
Dominique VINCENDEAU, Président du Vendée Les Herbiers Football
Jeff VIOL, Président des Voltigeurs de Chateaubriant
Le très long communiqué des clubs du groupe B de National 1 dans sa totalité :
C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance du communiqué de Sparta Capital relatif au rachat des Girondins de Bordeaux. Ce communiqué indique notamment que « Grâce à ce travail (celui de Gérard Lopez), les Girondins disposent aujourd’hui d’une situation financière beaucoup plus saine et d’une structure de coûts durablement assainie, bien plus solide que celle héritée lors de la reprise ». Le « travail » dont il est question consiste, pour l’essentiel, à avoir fait payer par les créanciers de Gérard Lopez (clubs français et étrangers, contribuable, local et national, prestataire de service du club…) la possibilité pour le club de poursuivre son activité…
À l’heure où, pour la énième fois, le feuilleton estival du repêchage des Girondins de Bordeaux vient animer le football français, cette vision des choses laisse pantois. Rappelons en effet que, comme lors des inter-saisons précédentes, après avoir fait durer le plus longtemps possible les procédures devant la DNCG, et être passé le plus tard possible devant cette instance, le club a encore une fois été relégué. Rappelons également que, comme d’habitude, c’est à nouveau au CNOSF qu’il appartiendra de donner un avis à la FFF sur la décision définitive à retenir, alors que la DNCG de la même fédération a relégué les girondins… Et tout laisse à penser aujourd’hui qu’à la fin « c’est Lopez qui gagne » et que le fonds ami qui a racheté ce grand monument du football français va pouvoir poursuivre ses méfaits.
Pourtant, le comité national olympique et sportif français n’est pas censé prendre en compte, dans son analyse, d’éléments nouveaux par rapport à ceux fournis à la DNCG. Il faudrait donc comprendre d’un avis favorable aux Girondins que le rachat d’un club n’est pas un élément nouveau. Pourtant, les fonds qui devaient être versés en garantie ne l’ont pas été avant la date limite fixée par le CNOSF. Mais, là aussi, peu importe puisqu’il s’agit de sauver le soldat Bordeaux.
« La FFF devrait donner du crédit aux travaux de sa DNCG »
Avec comme un air de déjà vu, les 16 clubs qui devaient composer régulièrement une poule de National 1 vont se retrouver à 17, avec tous les déséquilibres que cela implique. Comme tous les ans, leur calendrier va être totalement bouleversé quelques jours avant le début de la saison. Et peut-être que, comme tous les ans, l’une des équipes engagées aura l’autorisation de démarrer la saison plus tardivement que les autres, en totale rupture avec la notion d’équité. Tout cela pour sauver un club, qui est certes un monument du football français, mais qui travaille en dépit du bon sens depuis de nombreuses années. Là où d’autres moins réputés construisent leur projet avec sérieux et engagement. Tout cela pour sauver un club dont le nouveau propriétaire considère qu’avoir lésé des créanciers à hauteur de 70 millions d’euros constitue une opération de saine gestion.
La FFF devrait au contraire donner du crédit aux travaux de sa DNCG, qui ont conduit à écarter les Girondins de Bordeaux et s’en tenir à cette ligne. Il nous semble avoir compris que le sens de la nouvelle loi sur le sport professionnel, fortement portée par la Fédération, était précisément de renforcer le rôle de régulation de la DNCG, notamment sur le contrôle des opérations de rachats de clubs et en particulier lorsque les investisseurs sont en situation de multipropriété. Voilà une bonne occasion de démontrer que la volonté d’assainissement est réelle… ou que tout cela n’est qu’affichage. Car il y aura toujours de bonnes raisons de vouloir
sauver des monuments aux mains d’acrobates de la finance, au détriment de clubs moins monumentaux qui se contentent de faire sérieusement leur travail et de respecter les règles de la FFF supervisées par la DNCG.